Incidents et accidents

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De nombreux accrochages, quelquefois tragi-comiques, déraillements émaillèrent la courte carrière des TTG. Il y eut à ma connaissance plusieurs accidents entraînant mort d'homme. Il n'y avait pas la circulation actuelle, mais le partage de la route (le tramway roule souvent sur la route) pose déjà problème. Tous ces faits ont été collationnés par Thérèse Duverger et Jean Boutonnet. Les commentaires en italique sont personnels.


Gasseras : un facteur est renversé, on ne peut obtenir son nom, son état d'ivresse ne lui permettant pas de décliner son identité.

Gasseras : Un attelage de bœufs
qui tiraient une charrette chargée de comportes de la vendange.Un bœuf a eu une corne arrachée  par le train.

Pont de Lexos (Montauban, ligne de Molières) : une dame Vidal porte un fagot ; le train renverse la vapeur mais le fagot est happé et coincé sous la locomotive ; la dame en est quitte pour l'émotion ; retard trois minutes pour décoincer le fagot !
Ce pont* traverse le Tarn à l'Ouest de Montauban : construit pour une voie double, il ne portait qu'une voie unique vers Lexos depuis 1858. La ligne de Tramway vers Molières avait été autorisée à l'emprunter. Manifestement, le public l'utilisait aussi (à l'époque il n'y avait que le Pont Vieux, celui de Sapiac sera terminé dans les années 20 pour la ligne de Monclar. *ouvert à la circulation routière actuellement.

Valence d'Agen : le 3 septembre 1921, un homme est renversé en face de l'Hôtel de France. Il est transporté chez le Docteur Duffau puis à l'hôpital.

Le dimanche 16 août 1931, M Delbreil n'a pas vu le train, il s'engage sur la voie. La voiture est renversée, le cochon de 200 kg est projeté et blessé, mais le conducteur de l'attelage n'a que quelques contusions et ses effets déchirés.

27 janvier 1923 : M Chaloupy maire de Saint Paul d'Espis se rendant de Valence à St Paul avec son camion vide, est entrée dans la voie dégarnie par les cantonniers au point kilométrique 1.400 au lieudit La Vie. Rencontrant quelques matériaux rangés le long du rail et perdant la direction de son camion, il a heurté un gros arbre occasionnant des dégâts au véhicule.
Voir le lien ICI comment la route était partagée entre circulation routière et tramway.

1 mars 1923 : Le train de Valence à Montaigu a heurté un rocher placé sur la voie au PK 17.180. Pas d'accident de personne. On ne peut attribuer cet accident qu'à des mains criminelles (rocher de 50 kg)

27 septembre 1923 : le train a tamponné une automobile conduite par M. Chambonau propriétaire à Lacour et transportant M. Belvèze maire de Lacour. ce dernier a été blessé à la face gauche et au cuir chevelu.

9 décembre 1923 : Injures aux agents de la Compagnie par des automobilistes prétendant avoir été incommodés par la fumée et la vapeur du train.
Les automobilistes étaient déjà vindicatifs !

6 mai 1925 : A 200 m environ de la gare de St Clair , un cheval attelé à une voiture appartenant à M. Durand Hippolyte propriétaire à Esme, commune de St Clair a pris peur à l'approche du train spécial. le conducteur, en sautant, s'est pris le pied entre le brancard et le marchepied et  a été traîné sur une longueur de 15 mètres. Légères contusions.

5 octobre 1925 : A Coulonges commune de St Clair le train a tamponné une charrette chargée de madriers appartenant à M. Lauzin négociant à Valence et conduite par M. Carbonnel. L'accident est dû au chargement défectueux de la charrette. Dégâts à l'automotrice. Retard subi : 22 min.
Les fameuses automotrices ont été livrées en 1924, trois automotrices pour 6 lignes... Malheureusement aucune photo lors du transfert de ces automotrices entre les lignes ;Valence à Montauban, Caussade à Montauban.

10 août 1926 : L'autobus faisant le service Castelsagrat-Valence appartenant à M. Terle est tamponné par le train au passage à niveau de la Compagnie du Midi à Valence. Dégâts matériels à l'autobus.
Collision avec la concurrence.

29 septembre 1926 : un cheval attelé à une voiture conduite Par M. Seriagal de St Vincent Lespinasse se jette par suite de frayeur sur le train à 30 m  environ de la halte de Lalande, commune de Goudourville. Légers dégâts à la voiture.

16 décembre 1926 : L'automotrice faisant le train B de la ligne de Valence-Montaigu a tamponné à l'arrêt des Aymes un tombereau attelé d'un cheval. Au choc, le cheval a été projeté en travers de la voie et a été tué. L'attelage appartient à M. Lhorca entrepreneur à Lauzerte. Le train a eu 2h55 de retard.

10 janvier 1924 : J'ai l'honneur de vous rendre compte des ennuis que nous avons eu pour arriver à Montaigu lundi 8 janvier. Le premier incident a été la traversée de Lalande où le rail couvert de boue gelée nous empêchait d'avancer ; nous avons essayé de faire le passage machine seule. Nous y sommes arrivés mais non sans peine. Partis de là, nous avons laissé 2 wagons à St Clair , et nous étions au bas de la rampe de Castelsagrat lorsque l'injecteur(1) nous a donné l'impression qu'il n'y avait plus d'eau dans les caisses(2). J'ai arrêté et je me suis rendu compte qu'il n'y avait plus une goutte d'eau dans les caisses ; nous sommes revenus sur nos pas de 2 kilomètres pour essayer de faire de l'eau avec l'aspirateur(3), impossible d'y arriver. Voyant cela je suis allé mobiliser un seau et une corde dans une ferme voisine et nous avons mis les caisses à moitié ce qui a duré deux heures. Partis de là, croyant d'arriver au Bourg de Visa où il y a une pompe à main où nous aurions fait le plein. Même déception : deux km avant d'arriver, plus d'eau. Là nous avons essayé après avoir laissé le train, avec la machine seule, d'aller faire un peu d'eau dans une ferme pour pouvoir arriver au Bourg de Visa. Cela fait et arrivés au Bourg de Visa nous avons rempli les caisses  et nous sommes arrivés à 18h45 à Montaigu. Voyant l'heure aussi tardive et ne connaissant pas la ligne, j'ai jugé utile de coucher à Montaigu.
Le retour s'est effectué le mercredi matin dans de bonnes conditions. Quant au charbon, j'avais cru que 400 kg nous seraient suffisants après avoir raclé tous les fonds des caisses à charbon(4), et cela aurait suffi si nous n'avions pas eu les incidents de la veille, cela nous a entraîné à prendre 200 kg à Bourg de Visa.
Le chef de dépôt : Plissonneau.
1. l'injecteur est le dispositif utilisé pour ajouter de l'eau dans la chaudière.
2. les caisses à eau sont ces deux grands parallélépipèdes de chaque côté de la chaudière contenant l'eau nécessaire à fabriquer la vapeur.
3.l'aspirateur permet en cas de besoin de pomper l'eau dans un lac ou ruisseau.
4.la consommation de charbon a naturellement été très importante vue la durée du voyage.

Déraillements :
2 avril 1929 : la machine n°6 a déraillé, le restant du convoi étant demeuré sur les rails. Cela à 300m du tunnel de Roquecor en face du village d'Espermont . retard 5h29.

16 mars 1922 : Au lieu dit Les Moulinou, commune de Bourg de Visa, le train F a déraillé (la machine des 6 roues (pas d'accident)).

19 août 1922 : En gare de St Clair, le train A a déraillé, pas d'accident de personne. (un wagon de 10tonnes et la voiture de voyageurs se sont engagés sur la voie de garage et pas le reste.)
On appelle cela un bi-voie du à un aiguillage mal positionné.

13 novembre 1922 : au Bourg de Visa un wagon est sorti des rails.

25 décembre 1922 ; déraillement sur la plque tournante de Montaigu.

9 septembre 1926 : déraillement  du train E à Valence. le mécanicien Delprat et le chauffeur Dupuy sont légèrement blessés.

7 novembre 1927 : Déraillement de la machine et du fourgon du train B entre l'arrêt de Clause et la station de Roquecor. Ni accident, ni dégât.

12 septembre 1929 : A la sortie de la gare de Castelsagrat, le train a déraillé des 6 roues ; retard subi : 1h12.

11 juin 1925 : déraillement à 50m après le pont de la Barguelonne à Lalande, commune de Goudourville.

Incidents et accidents sur la ligne 4 : collectés par M J.Boutonnet

Le 26 mai 1927, quelques jours à peine après le " lancement ", un boulon casse sur la voie à l'approche de St Nicolas: déraillement de la locomotive : une heure de perdue.

Le 2 février 1928, c'est en gare de Castelmayran que deux voitures quittent les rails : une heure et demie de retard. En juillet de la même année, le 28, nouveau déraillement à Caumont, lors d'une manœuvre. Et puis, voilà la série noire : 6 mars 1929 : avarie qui nécessitera le changement de locomotive, le 9 mars : déraillement d'un wagon de 10 tonnes d'engrais à un kilomètre du Moutet, le 15 mars, nouveau déraillement à Castelsarrasin dans le virage au bout du boulevard du 24 février (Louis Sicre), près de la Croix de Fer. Les derniers incidents, sorties des rails à St Arroumex le ler août 1930 et au Moutet le 27 mars 1931, ne donneront pas lieu, comme ce fut le cas à St Nicolas. Castelmayran et Castelsarrasin à des rassemblements de curieux considérables.

Les causes de ces déraillements ne figurent pratiquement jamais dans les rapports (sauf pour celui de 1927). La vitesse ne saurait être une explication car le tramway ne dépassait guère 20 km/h . L'état de la voie paraît une cause plus vraisemblable. Cependant ces 7 déraillements bénins ( en 68 mois d'existence) démontrent combien le " service d'entretien ", à partir des gares et halles, était efficace et sérieux.

Pour les accidents de circulation nous disposons de rapports détaillés dressés conjointement par le contrôleur et le mécanicien, rapports adressés au Directeur de la Compagnie. Ils sont au nombre de huit, dans l'ensemble sans gravité, et en tous cas tous indépendants de la manœuvre du conducteur. On ne trouve pas d'accidents tragiques involontaires comme celui qui, en 1926, coûta la vie au curé de Lunel sur la ligne 1 Montauban-Molières.

Voici, pour l'anecdote, ceux qui concerne la ligne de Lavit.

Le 27 janvier 1929, entre Castelsarrasin et St Aignan, vers 10 h, le mécanicien Nègre conduisant le train B, aperçoit, à 150 m du pont, un cycliste roulant à 1 m de la voie. Pour le prévenir, il actionne la cloche, mais, au lieu de s'écarter vers la gauche, le cycliste oblique brusquement à droite et roule à présent entre les rails. Nègre, surpris, coupe le moteur, serre les freins. Hélas sur la lancée, la motrice heurte l'homme et le projette sur le bas-côté. Heureusement, le choc en bout de course n'a pas été trop violent. L'homme se relève aussitôt. Il porte quelques contusions aux coudes et au genou droit. La bicyclette, par contre est inutilisable. Le blessé, Roches Julien, de Castelferrus explique qu'il a bien entendu la cloche mais que, croyant à l'arrivée d'une automobile, il a serré sur la droite.

Le 29 janvier 1930, un autre habitant de Castelferrus, Ferrié, rentrait au village en charrette. A 200 m du pont, il entend, dans son dos, arriver le tramway. Il tente de dégager vers la gauche mais n'en a pas le temps. La locomotive, conduite par Nègre, heurte la charrette par l'arrière, la pousse un instant puis la projette sur le côté gauche. Rien de grave, pourtant: du bois cassé et une belle peur. Précisons qu'il était 18 h 40, qu'il faisait nuit et que la charrette ne portait aucune signalisation.

C'est Lacroix qui conduisait la train C du 28 mai 1930, une automotrice. Le convoi circulait sur le pont de Trescassés. Il était 16 h 12 quand la motrice s'arrête net. Lacroix descend aussitôt. Le tramway avait touché la charrette du nommé Pujol mais sans provoquer le moindre dégât. L'homme a reconnu ne pas s'être suffisamment serré. Il ne s'est plaint de rien.

Autre accident insignifiant, celui du 21 juillet 1930. Le train C, conduit par Nègre, se dirigeant vers Castelsarrasin, heurte un cheval à 250 m de la station St Aignan. L'animal, attaché dans un pré, près de la voie, s'est brusquement affolé, a rompu la corde et s'est jeté sur le tramway. " Il était trop près pour que je puisse l'éviter " précise Nègre. Le cheval portait une profonde plaie à la cuisse. Les propriétaires ont reconnu, devant témoins, leur responsabilité . Le cheval était reconduit à l'écurie à 14 h.

L'accident du 17 octobre de la même année est plus sérieux. Il est 18 h . L'automotrice conduite par Lacroix s'arrête net juste au passage du pont de la Sère, commune de Castelmayran. Cette fois, le mécanicien est inquiet car il a vu une ombre sortir d'une haie au moment précis où arrivait le tramway, Près de la voie, avant le pont gît un homme, face contre terre. Mais son bras gauche, sur le rail, est sectionné au-dessus du poignet. Un automobiliste de passage consent à transporter l'homme, un nommé Borat, à la clinique St Sauveur. Ce rapport, de Picard, chef de train, ne donne aucun renseignement sur la suite, évidemment, mais précise que le retard, ce jour là atteignit 2 h 33 !

Accident mortel le 16 juillet 1931, aux alentours, de midi. Nègre roule à faible allure dans la courbe qui suit la gare de Castelmayran pour rejoindre Le Moutet. Tout à coup, un homme se jette sous la machine. Nègre stoppe en catastrophe. Picard descend du fourgon. Il court .... Un homme gît sous la deuxième roue de la machine ; le corps est littéralement broyé. La halte du Moutet est à 200 m à peine. On prévient la gendarmerie .... Les témoins ont bien vu " le malheureux plonger sous la machine ". Il se nomme Mirzak Blazek et est de nationalité tchécoslovaque. Le suicide ne fait aucun doute. Les voyageurs manqueront leur déjeuner: attente 1 h 30 .

Le rapport concernant l'accident du 4 août 1931 est très succinct. A St Arroumex, le tramway heurte une voiture à cheval. Aucun dégât.

Le 28 avril 1932, c'est encore une voiture à cheval que Nègre, mécanicien du train 358, heurte près de Castelmayran. Il a pourtant pris des précautions : " j'ai remarqué que le cheval n'était pas effrayé : personne n'est descendu pour le tenir. J'ai ralenti et juste au passage, l'animal a reculé ". En fait, le cheval a jeté la charrette contre le wagon de queue. Les 3 personnes de la famille Guittard se sont retrouvées à terre. La femme a prétendu avoir été piétinée, mais personne ne portait de blessure apparentes. Dégâts matériels : 2 brancards cassés.

 

Il y aura une dernière victime , un jeune garçon de Lavit qui sera écrasé par le wagon avec lequel il jouait. En effet, en 1934, du matériel a été abandonné en gare de Lavit, et les garçons ont pris l'habitude de jouer avec :

" Le 6 avril 1934, Sounès, propriétaire à Lavit, entend le roulement d'un wagon dévalant à la sortie de la gare. Étonné, il s 'arrête, regarde, puis, intrigué de ne voir personne, prend le sentier qui suit la voie... et découvre aussitôt le corps d'un enfant, écrasé par le tombereau qui continuait à rouler. Affolement. La gendarmerie n'est pas loin. L'enquête est rapide. Il s'agit de Paul Petit, 14 ans, sorti de l'école une demi-heure après ses camarades. " Nous supposons qu'il a desserré le frein, ôté une cale. Le wagon a parcouru 300 m d'après les traces sur l'herbe de la voie et s'est arrêté à 100 m après l'accident. Paul Petit apeuré, a-t-il sauté, ou bien, assis sur le tampon, a-t-il glissé ? ".

Et pour terminer, le seul accident qui a laissé un monument, l'accident qui a coûté la vie au curé de Lunel, l'abbé L. Amilhau : le 1 septembre 1926, ce curé passager d'une automobile , la seule de sa paroisse, conduite par M. Ratié a été heurté du côté droit le Tramway non loin de Lunel. le curé est décédé.

Lire un rapport d'accident ICI



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