Inondation de Moissac en 1930

La ville est aussi protégée côté Est par deux digues. L'hiver 1929/1930 fut particulièrement pluvieux quand survint du premier au 3 mars 1930, un épisode cévenol : de très fortes précipitations (il est tombé en certains points une moyenne de 150 mm avec des pointes dans le bassin de l'Agout de 400 mm! ) localisées sur les versants sud du Massif Central (où prennent leur source le Tarn et ses affluents) associées à un fort redoux entraînant une fonte des neiges. Le débit du Tarn qui est d'environ 200 m3/s en temps normal sera dans la nuit du 3 au 4 mars de 8 000 à 8 500 m3/s !

Le Tarn sous le pont Cacor.
Sous le pont Canal
Flots de la crue

Le 3 mars à 6 heures, le Tarn cote à 6,50m, niveau des grandes crues ordinaires : les digues remplissent leur office; 12 heures plus tard, toutes les crues précédentes sont dépassées avec 8,10 m, et le niveau monte inexorablement. L'eau longe le remblai du chemin de fer et s'engouffre dans le quartier Sainte-Blanche profitant de l'espace de 8 m du passage inférieur de la route de Montauban : les digues sont contournées. l'eau continue à monter : 8,90m à 21h ! L'eau s'accumule contre le remblai du chemin de fer, le passage sous le pont Cacor n'étant plus assez important : toutes les destructions qui ont déjà eu lieu en amont font que le Tarn charrie des quantités incroyables d'arbres, de morceaux de bois et autres objets flottants; toute cette masse s'accumule contre le remblai et le pont et donne des coups de boutoir. Vers 23h trois brèches s'ouvrent au nord du pont Cacor dans le remblai : le passage ainsi ouvert libère une énorme masse d'eau qui tel un mascaret se rue sur Moissac détruisant tout sur son passage (les maisons ont tout ou partie de leurs murs faits en brique crue, matériau fongible dans l'eau). Les maisons sont tombées comme des châteaux de cartes par centaines.

Vues des brèches au nord du pont Cacor
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