Souvenirs de personnes ayant connu le "tram" *

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Mr André Falguières, horloger à la retraite, Valence d'Agen.

J'avais 10 ans, ce devait être en 1933. Un jour, un cri a couru dans les rues de Valence : "Le tram (1)s'est renversé !" J'ai pris mon vélo et je suis allé devant chez Bergon, sur la route de Cahors, de l'autre côté de la voie de chemin de fer. Là, devant toute une troupe de badauds accourus, difficilement contenus par un gendarme, les roues de la petite locomotive couchée sur le flanc tournaient dans le vide au milieu des sifflements de la vapeur qui s'échappait de la chaudière. Les quatre wagons étaient coincés derrière, en équilibre instable. Que s'était-il passé ? Il se disait autour du déraillement que le mécanicien, qui avait forcé sur la bouteille, avait perdu le contrôle du train dans la descente du pont qui enjambait la voie ferrée Bordeaux-Sète.

(1) C'est le diminutif communément employé à cette époque; certaines personnes l'appelaient "le petit train".

Mr Henri Bourjade originaire de la région.

Mon grand-père a pris une paire de fois ce train dans les années 1920, probablement à Bourg de Visa, pour aller au marché à Valence d'Agen. Ce train déraillait souvent (plusieurs fois dans le trajet), probablement à cause des difficultés du tracé, et peut-être de la mauvaise pose des voies. De plus ce train était très lent. Il était assez peu satisfait de son voyage. Comme il possédait une automobile, il préféra ensuite aller à Valence d'Agen par la route.  

 Mme Pierrette Perez, retraitée Roquecor

Enfant, j’avais quatre ou cinq ans, je suivais les grands qui accompagnaient souvent la sonneuse de cloches dont l’occupation principale était beaucoup plus intéressante : elle était chef de gare !

Un jour, ma grand-mère m’annonça que nous allions à la foire de Valence d’Agen en petit train. Pour l’occasion, on m’acheta une belle robe blanche d’organdi, avec consigne de ne pas me salir. Le jour de la foire, nous montons dans le petit train, les banquettes en bois n’étaient pas très confortables surtout quand le train roulait ; peu après, comme le train était chargé, il s’arrête et les grandes personnes sont invitées à descendre car la montée vers Lacour de Visa était rude ; vu mon jeune âge, je suis restée dans le train et je suivais par la fenêtre la progression de la locomotive et des voyageurs devenus piétons. Pendant le reste du voyage, qui était très long, je me penchais souvent par la fenêtre. Arrivée à Valence, je m’essuyais le visage barbouillé de charbon et ne trouvant rien pour m’essuyer les mains, je les passais sur le devant de ma belle robe. Ma grand-mère me gifla quand elle découvrit le désastre et dut se résoudre à m’emmener dans un magasin m’acheter une autre robe, car il n’était pas question de faire la foire avec une telle souillon !

Je regrettais ce petit train quand il fut remplacé par un car " teuf-teuf " qui tombait en panne sous n’importe quel prétexte et mettait autant de temps pour faire le trajet…

Mme Béatrix Mathieu retraitée Montaigu de Quercy

Je devais avoir 11 ou 12 ans, le jour où mon père nous annonça que nous prendrions le petit train pour nous rendre à un enterrement à Valence d'Agen. Nous habitions alors dans notre propriété "Le Moulin Dellac" commune de Touffailles. Nous avons pris le "cheval" (la charrette attelée d'un cheval NDLR) jusqu'à Brassac, nous avons laissé l'attelage chez un agriculteur à Coupat, juste à côté de la gare. Je me souviens qu'un champ de blé, près de la gare de Brassac, était couvert de tulipes rouges (il n'y avait pas d'herbicides à cette époque). Quand nous sommes montés dans le train, je vis dans la même voiture que nous, une jeune femme, accompagnée de son petit garçon, tenant une grosse brassée de tulipes rouges qu'elle avait eu le temps de cueillir pendant l'arrêt. Puis le train a démarré, est monté vers Castelsagrat : le passage dans le tunnel m'a impressionné, je n'avais jamais connu une telle chose. Je n'ai pas d'autre souvenir marquant de notre voyage, sauf l'arrivée à Valence d'Agen à la petite halte devant la grande gare de la compagnie du Midi. Mon mari a pris aussi le petit train dans sa jeunesse, pendant son service militaire : il a souvent raconté à notre fils que le train allait si lentement dans la montée vers Castelsagrat qu'il le rattrappait en courant et qu'il y montait en marche.

Monsieur Parent , Caussade :

Mon grand-pére me racontait que les plaisantins de l'époque graissaient copieusement les rails dans la montée de Septfonds. Ils attendaient sagement le passage du tram qui evidemment patinait et reculait. Le conducteur devait alors stopper son convoi plus bas, venir nettoyer et sabler les rails !!! Ses jurons faisaient alors le bonheur de tous les environs !!! La loco donnait alors de la vapeur pour rattraper le retard

 

Mr Cavagné André retraité Brassac

Le train faisait une boucle sur nos terres pour traverser la Séoune et rejoindre la gare de Brassac : des cailloux ressortent encore à cet endroit en labourant. Mon beau-père a acheté, vraisemblablement en 1934, la bascule qui servait à peser les colis : elle est est exceptionnelle car elle peut peser jusqu'à une tonne (1 000 kg) !

 

* cette page est en cours d'élaboration : si vous connaissez quelqu'un ayant des souvenirs de ce "tram" , merci de me le signaler.

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